jeudi 2 juin 2016

La Robinsonnaise 2016, ou comment faire un podium sans chrono

2 mois après avoir couru le marathon de Paris me revoilà au départ d'une course. Beaucoup plus courte puisqu'il s'agit d'un 10km : La Robinsonnaise.

L'objectif de cette course est de retrouver du plaisir et de la confiance mais aussi de me qualifier aux Championnats de France de 10km qui sont organisés cette année à Langueux (Côtes d'Armor), dans ma Bretagne que j'aime tant. Pour ma catégorie d'âge, 48' sont nécessaires. Habituellement, cet objectif est largement accessible et je ne me pose même pas la question. Mais cette année, c'est différent. Le marathon m'a beaucoup fatigué. Je l'ai préparé sur de la fatigue accumulée pendant les cross. Malgré une pause complète de sport de 2 semaines, je mets beaucoup de temps à récupérer. Il faut dire que 5 semaines après le marathon, j'ai enchaîné avec les interclubs. D'abord un 3000m (que j'ai merveilleusement raté : fatigue + pas de préparation spécifique), suivi d'un 1500m 15 jours plus tard (que je classe également dans la catégorie "chronos à oublier"). Mais, les interclubs, c'est le rendez-vous incontournable de tous les clubs. Chaque athlète doit y participer et contribue, comme il peut, au maintien du niveau de son club.

Je reviens donc à ce 10km couru samedi 28 mai.
Pas de préparation spécifique. Une forme qui revient mais qui n'est pas remarquable. Le coach m'a donné pour objectif de le terminer dans les temps de la qualif pour que je puisse faire partie de l'équipe qui participera aux Championnats de France le 18 juin prochain. Moins de 48' donc. Très sincèrement, je n'ai aucune idée de ce que je suis capable de faire actuellement sur 10km. Les 48' me semblent possibles, mais sans aucune certitude.

Ce 10km, labellisé FFA, est organisé dans les rues du Plessis-Robinson. Ma copine, Emmanuelle, y habite et s'y entraîne. C'est la raison pour laquelle je m'y suis également inscrite. Car j'avais également la possibilité de participer aux 10 km de l'Equipe, beaucoup plus proches de chez moi. Mais surtout beaucoup plus chers et beaucoup moins intimes !

Comme toutes les courses auxquelles je participe depuis le marathon, il fait chaud et humide ce samedi 28 mai. Le départ de ma course est à 19h. La température n'aura très certainement pas diminué d'ici mon départ. C'est comme ça. Je n'ai pas le choix.

Je m'échauffe pendant qu'Emmanuelle court le 4,5 km.
Je rencontre de nouveaux coureurs. On discute un peu. Je croise Carmen Oliveras, attendue grande gagnante de ce 10km (32'57 sur 10 km // 1h13 sur semi // 2h35 sur marathon). Je sais que je ne l’accrocherai pas :-)

Le départ est lancé à 19h. L'ambiance est bon enfant. C'est plaisant d'être ici.
Alors que j'avais prévu de courir ce 10 km à l'allure 4'30/km, je passe le 1er kilomètre en 4'05.... Bon, si je suis en forme (ce qui m'étonnerait), je franchirai la ligne d'arrivée avec une bonne suprise. Si mon manque d'entraînement spécifique se confirme, je risque de coincer à un moment ou à un autre. On verra. Je décide de courir à la sensation. Je gérerai bien la difficulté quand elle arrivera.

J'enchaîne les kilomètres : 4'13 puis 4'16 - 4'20 - 4'27 (ça commence à coincer !) Je dépasse une fille. On m'annonce alors 3e féminine de la course. Whaou !!
Je passe le 5e km en 21'31. Je sais que c'est trop rapide pour ma forme du moment. C'est effectivement le cas. Je récupère dans le 6e km (4'01) puis je coince à partir du 7e que je cours en 4'59 (!!!). Je me souviens qu'à partir de ce moment, la course commence à être compliquée. Il faut que je reste bien concentrée. Heureusement je ne suis pas seule. Je reste accrochée à quelques garçons autour de moi.
Je cours les autres kilomètres au mental : 4'33, puis 4'42 et enfin 4'37. Le dernier kilomètre aura été le plus difficile. Je suis dans le dur. Je ne me souviens pas avoir eu une fin de course aussi difficile à gérer. Je pense à tout en même temps : à la difficulté, à mon souffle qui devient de plus en plus court, à ma 3e place que j'espère conserver, à Emmanuelle qui doit être quelque part vers l'arrivée et qui doit être fière de sa copine... Je sens que je ne gère plus du tout mes appuis et le maintien de mon corps. Je souffle fort, ma tête est en arrière. Visuellement, ce doit être une horreur ! Mais la magie dans ces cas là, c'est qu'on s'en contre-fiche ! On le sait, on y pense, on essaie de corriger et puis, on se dit "Zut ! après tout je fais comme je peux ! :)"

Je franchis donc la ligne d'arrivée en 44'17.
Mon plus mauvais chrono sur 10km depuis 2010 !
2'30 de plus que mon record (41'55 - Houilles - décembre 2013) et 2'00 de plus que les meilleurs chronos réalisés ces dernières années (Entre 42'00 et 42'30). Mais étrangement, je suis quand même contente ! je souris et j'arrive à être fière de moi.

Je ne sais pas ce qu'en pensera le coach. Je sais qu'au fond de lui il sera dira que ce n'est pas extra mais si c'est un bon coach (ce qui est le cas), il se dira surtout que je sors de marathon, que je n'ai fait aucune séance spécifique 10km et que finalement le chrono est bon à prendre !

La remise des prix a lieu. Je monte sur le podium à 2 reprises aux côtés de Carmen (à mémoriser, car ça ne se reproduira plus jamais !!). Une première fois pour la 3e place au scratch féminin et une 2e fois pour ma 2e place dans ma catégorie.

Le travail continue.
Il me reste 3 semaines pour me préparer pour les 10km de Langueux et tenter cette fois de me rapprocher des 43'00.
L'année 2016 ne sera pas une année à records, ni à performances. Ce n'est pas grave, je l'accepte. On ne peut pas toujours tout réussir et on ne peut pas tout faire !

Finalement, c'était une bien belle après-midi ! :-)

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